Ce que la presse américaine pouvait apprendre de France à l’époque de Trump

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Préoccupée par l’élection présidentielle américaine et le rôle de magnats milliardaires contrôlant financièrement de nombreux médias du pays, ma consœur et amie Alison Mutler, directrice du site Universul.net, m’a demandé de rappeler quelle était la situation en France pour la protection de la liberté et surtout le pluralisme de la presse dans le pays.

En vérité, la France est une exception en Europe et dans le Monde pour l’aide au pluralisme des médias.

En 2023, l’aide publique du gouvernement français à la presse a été de 204,7 millions d’euros, dont 22,7 millions d’euros au pluralisme, 133 millions pour les aides au transport et à la diffusion et 19,1 millions d’euros d’aides à l’investissement et la modernisation des médias.

C’est la Libération de la France contre l’Allemagne nazie en juin 1944 qui instaure cette aide à la presse pour préserver la diversité d’expression de tous les journaux, de la droite monarchiste à la gauche communiste qui composait le gouvernement d’Union Nationale du général de Gaulle.

Il fallait réguler la confiscation des biens des médias qui avaient collaboré avec les Allemands, mais aussi répartir équitablement la pénurie de papier journal de l’époque entre tous les quotidiens issus de la Résistance, dont le quotidien clandestin Combat, dirigé par le grand Albert Camus, Prix Nobel de Littérature en 1957.

Ces ordonnances de juin 1944 sur les aides au pluralisme et à la liberté de la presse perdurent encore aujourd’hui en 2024, soit 80 ans après.

Bien sûr, de Gaulle, en grand patriote français, veillait à ce que les communistes ne dominent pas toute la presse française, grâce à son alliée, le syndicat de la CGT du livre, prépondérant dans les imprimeries de la presse française.

Dans les années qui suivirent de gros investisseurs vont prendre le contrôle de plusieurs médias dès les années 1970, avec notamment Robert Hersant, propriétaire de Paris-Normandie, puis du prestigieux quotidien Le Figaro.

À partir de 1981 et l’élection de François Mitterrand, premier président socialiste du pays, le monopole d’Etat sur la TV et les radios est suprimé. .

Durant ces années 1980, jusqu’en 2010, les privatisations des radios et TV publiques vont se multiplier avec les chaines TV Canal Plus ou M6.

Aujourd’hui en 2024, les grands Groupes de Médias français sont détenus par des milliardaires du luxe ou de la communication, tels Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, 3e fortune mondiale (131 milliards d’euros) propriétaire du groupe d’informations économiques Challenges et du quotidien L’Opinion.

Vincent Bolloré, homme d’affaires très conservateur, a racheté le groupe de médias Canal +. Il possède notamment la chaîne d’information en continu CNews, qui a ouvertement soutenu Trump ces dernières semaines.

La famille Bettencourt, propriétaire du géant mondial du cosmétique L’Oreal, co-propriétaire de L’Opinion.

Le milliardaire François Pinault du groupe de luxe Kering (37 milliards d’euros), qui possède le grand hebdomadaire d’informations Le Point et d’autres magazine.

La famille DASSAULT (20 milliards d’euros), Grand avioneur francais, pour le Rafale et fabricant d’armes, Missiles et autres, propriétaire du grand quotidien conservateur Le Figaro et d’autres magazines.

Patrick Drahi, homme d’affaires aux trois nationalités, française, israélienne et portugaise, qui a renfloué le quotidien de gauche Libération, puis créé un empire médiatique avec notamment les radios et TV BFM et RMC.

Pourtant, face à ces milliardaires, l’administration française continue à financer la pluralité de la presse du pays, bien la PLURALITÉ de la presse.

Via le ministère de la Culture et de la Communication, l’Etat français a financé en 2023 tous les médias français, du plus petit au plus grand, tels le quotidien de gauche Libération, le catholique La Croix et le communiste L’Humanité.

Étonnant aujourd’hui, cette aide au pluralisme de la presse ne fait l’objet d’aucune polémique en France !

En fait, la liberté de la presse, peut être sous la coupe de l’argent de magnats milliardaires ou de l’Etat. À quand un régulateur, au plan européen ou mondial pour maintenir une presse libre et pluraliste ?

Le modèle français, certes très fragile, peut être suivi !

Vive la France! What the US media could learn from Paris in the time of Trump

 

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Yves-Claude Llorca (65 de ani) a început să lucreze în România, ca jurnalist, în 2002, când a fost numit șeful biroului Agence France-Presse la București. A activat la AFP în perioada 1982-2010. A fost reporter în redacția AFP de la Paris, pentru care a acoperit realegerea președintelui François Mitterand, căderea Zidului Berlinului și referendumul din Chile, pierdut de gen. Augusto Pinochet. A fost și șeful biroului AFP din Barcelona în timpul Jocurilor Olimpice din 1992, acoperind totodată zona Touluse, sud-vestul Franței și Andorra până în 1995. A mai lucrat în Bolivia și Peru, unde a prins criza luării de ostatici de la reședința ambasadorului Japoniei, care durat patru luni, între decembrie 1996 și aprilie 1997. A fost director AFP pentru Peru și Bolivia, dar și președintele Asociației presei străine din Peru, între 1996 și 1997. În 2000 a revenit la secția internațională a AFP din redacția de la Paris, iar în 2002 a fost numit șeful biroului din București, poziție deținută până în 2007. A fost co-fondator și președinte al Romanian Foreign Press Association, împreună cu jurnalista Alison Mutler de la Associated Press. După aderarea României la UE, a fost decorat cu Ordinul Național al României în grad de Comandor pentru “serviciul credincios”. Din 2010, a activat ca journalist independent și resident permanent în România.